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La Philosophie antique: la philosophie sous l'angle de la pratique

 

Aujourd’hui, la philosophie est généralement vue comme une discipline théorique et particulièrement abstraite. Or, de tous temps, mais peut-être davantage encore dans l’Antiquité, la philosophie est un art de vivre, voire même une thérapie de l’âme. Certes, elle n’est pas exempte de considérations théoriques, mais celles-ci n’ont souvent de sens que si elles se traduisent immédiatement dans une pratique. Sans doute, théorie et pratique forment-elle un tout, car la manière dont on pense et dont on voit le monde est et doit être intimement liée à la manière dont on vit.

En orientant l’approche de la philosophie antique sous l’angle de la pratique, ce cycle de conférences, permet d’aborder l’histoire de la philosophie sous un angle différent, en mettant notamment en avant d’autres philosophes que ceux que l’on retient le plus souvent pour cette époque. Il permet aussi d’envisager la philosophie sous un aspect trop souvent laissé de côté aujourd’hui et qui rappelle pourtant son sens premier : devenir ami de la sagesse. On verra pourtant que la sagesse dont il est question ne se réduit pas à une sagesse populaire, mais que la philosophie se conçoit toujours comme en rupture avec la doxa, la pensée dominante.

Cycle porté par Anne Staquet et Antoine Brandelet, en collaboration avec la SoPhiHa - Société Philosophique du Hainaut.

 

Programme

Introduction: la philosophie comme pratique

Gaëlle Jeanmart

18/10/18 - 18h15

On peut opposer deux figures du philosophe, le sage et le savant, celui qui incarne dans sa vie un certain nombre de principes et l’érudit, le professeur. C’est deux figures se sont échelonnées dans le temps : dans l’Antiquité, le philosophe était un sage, il est aujourd’hui plutôt un savant. Mais à partir de quand et pour quelles raisons le philosophe renonce-t-il à l’ambition d’être une figure de la sagesse, pour être un intellectuel ?

Ce préambule sur l'histoire de la philosophie sera utile pour nous éviter de projeter notre vision actuelle sur la philosophie antique. On pourra donc alors en comprendre la dimension pratique et l'enjeu de transformation de soi qu'elle porte. 

 

Diogène et les cyniques: entre prespicacité et insolence

Lambros Couloubaritsis

22/11/18 - 18h15

Qualifié par Platon de « Socrate devenu fou », disciple d’Antisthène qui enseigna qu’il fallait s’émanciper des mauvaises habitudes et modèle d’une série de figures qui adoptèrent sa pensée (Monime, Cratès, Hipparchie, Bion, etc.), de Sinope s’appliqua à ébranler les valeurs culturelles selon la métaphore de falsifier délibérément la monnaie. Déranger tout être humain, y compris Alexandre le Grand, par l’insolence et des attitudes inopportunes ou scandaleuses, fut la volonté permanente de Diogène et des cyniques. Il s’agissait de stigmatiser la domination des passions, de la vanité, des désirs inutiles et des superstitions au nom de la sobriété, de la non-citoyenneté (a-polis), du sans abri (a-oikos) et de l’irreliogité, attestant d’une perspicacité philosophique inédite qui doit nous interpeller face à la complexité de monde technico-économique et politique contemporain.

 

Les stoïciens

Gaëlle Jeanmart

13/12/18 - 18h15

C’est essentiellement sur l’éthique stoïcienne qu’on se penchera ici. Les stoïciens visaient l’apathie, l’absence de passion, c’est-à-dire une sorte de sérénité qui permet notamment la constance des attitudes et la rationalité des choix de vie. Mais qu’ont-ils mis en place pour y parvenir concrètement ?

Nous présenterons quelques-uns de leurs exercices spirituels pour y parvenir, en lien avec leur théorie sur la nature de la passion et plus largement de la connaissance. C’est ainsi un mixte étroit de théories et pratiques qui nous occupera, montrant par là qu’elles ne s’opposent pas, mais se nourrissent mutuellement dans ce courant de pensée.

 

Epicure : Vivre et penser comme un porc ?

Alexis Filipucci

17/01/19 - 18h15

Comment peut-on mettre en pratique aujourd'hui une pensée antique ? Cela est-il seulement possible et désirable ? Nous proposerons comme tentative de réponse à cette question le paradigme de la "mise à jour". Il s'agira dès lors pour nous d'esquisser les traits d'une 'mise à jour' de la philosophie d'Epicure et de comparer ce portrait de l'épicurisme à celui qui en est habituellement dressé.

 

Les sceptiques et la pratique de la suspension du jugement

Marc Antoine Gavray

21/02/19 - 18h15

Le sceptique n’est pas celui qui doute de tout, mais celui qui rejette toute certitude sur l'objet extérieur. Nous regarderons les formes de ce courant de pensée dans l'Antiquité (Pyrrhon, Nouvelle Académie, néo-scepictisme) et examinerons comment leur principe de la suspension du jugement ne les as pas pour autant menés à l’inaction.

 

Lieu

UMONS - Campus Plaine de Nimy - Centre Vésale - Auditoire 025

L’accès à toutes les conférences grand public est gratuit. Il n'est pas nécessaire de réserver.